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Bail et signature20 mai 20268 min de lecture

Cession de bail au Québec depuis la Loi 31 : ce qu'un propriétaire peut enfin refuser

Avant février 2024, refuser une cession de bail au Québec était quasi impossible. La Loi 31 a changé la règle du jeu : le propriétaire peut désormais refuser, mais ce refus met fin au bail. Comprendre cette mécanique vaut souvent plus qu'une augmentation de loyer.

La cession de bail est l'un des mécanismes les plus mal compris du droit locatif québécois. Pendant des années, c'était l'outil principal des locataires pour quitter avant terme tout en transmettant leur loyer souvent sous-évalué à un nouvel occupant. Depuis la Loi 31 (PL-31), entrée en vigueur en février 2024, l'équilibre a changé radicalement : le propriétaire qui refuse une cession met fin au bail à la date proposée par le locataire.

Cet article explique la cession de bail telle qu'elle existe aujourd'hui, comment elle se distingue de la sous-location, ce qui a changé avec la Loi 31, la procédure exacte côté propriétaire, et les choix stratégiques à faire face à une demande de cession.

Cession de bail vs sous-location : la différence qui change tout

Beaucoup de propriétaires confondent les deux. Le Code civil du Québec les distingue clairement :

AspectCession de bail (art. 1870)Sous-location (art. 1870)
Effet sur le locataire d'origineSort complètement du bail — n'est plus partie au contratReste partie au bail — responsable envers le propriétaire
Responsabilité du loyer impayéLe cessionnaire (nouveau locataire) seulLe sous-locataire ET le locataire principal
DuréePour le reste du bail entierPour une période plus courte que le bail
Recours du propriétaire si non-paiementContre le cessionnaire uniquementContre le locataire principal (qui se retourne contre le sous-locataire)
Hausse de loyer au prochain renouvellementConditions transmises au cessionnaireLe bail principal reste inchangé

Pourquoi les locataires préféraient la cession

Avant la Loi 31, la cession permettait à un locataire de transmettre un loyer en-dessous du marché à un nouveau locataire — perpétuant un loyer figé pendant des années sans que le propriétaire ne puisse l'ajuster facilement. C'est exactement cette pratique que la réforme visait à corriger.

Le régime AVANT la Loi 31 (avant février 2024)

Sous l'ancien régime, le propriétaire ne pouvait refuser une cession que pour un « motif sérieux ». La jurisprudence interprétait ce motif très restrictivement :

  • Antécédents documentés de non-paiement du cessionnaire proposé
  • Capacité financière manifestement insuffisante
  • Activités illégales connues
  • Mauvaise foi évidente de la demande

Tout le reste — refus pour relouer plus cher, refus parce que le profil du candidat déplaît subjectivement, refus pour ajuster le loyer à la valeur du marché — était considéré comme abusif et le propriétaire perdait au TAL. Le locataire pouvait alors imposer la cession contre la volonté du propriétaire.

Le NOUVEAU régime depuis la Loi 31 (février 2024)

La Loi 31 a complètement renversé la dynamique. Voici la nouvelle règle, en une phrase :

La règle Loi 31 en 30 secondes

Le propriétaire peut refuser une cession de bail pour n'importe quel motif sérieux. Mais si le propriétaire refuse, le bail prend fin à la date proposée par le locataire dans son avis de cession. Le propriétaire récupère le logement libre — et peut alors le relouer au prix du marché.

C'est un compromis : le locataire n'est plus piégé dans un bail qu'il veut quitter, mais le propriétaire n'est plus forcé d'accepter un cessionnaire imposé. Chacun y trouve son compte selon ses objectifs.

La procédure étape par étape

  1. 1Le locataire envoie un avis écrit de cession au propriétaire, indiquant le nom et l'adresse du cessionnaire proposé et la date envisagée de cession.
  2. 2Le propriétaire dispose d'UN MOIS suivant la réception de l'avis pour répondre par écrit.
  3. 3Trois choix s'offrent au propriétaire : (a) accepter la cession; (b) la refuser pour un motif sérieux; (c) refuser sans donner de motif — auquel cas le bail prend fin.
  4. 4Si le propriétaire ne répond pas dans le mois, il est réputé avoir consenti à la cession.
  5. 5Si le propriétaire accepte, la cession prend effet à la date proposée et le cessionnaire devient locataire en lieu et place de l'ancien.
  6. 6Si le propriétaire refuse, le bail prend fin à la date proposée par le locataire (ou plus tôt si le propriétaire le demande).

Silence = acceptation

Contrairement à la reprise de logement (où le silence du locataire vaut REFUS depuis la Loi 31), pour la cession c'est l'inverse : le silence du propriétaire pendant un mois vaut ACCEPTATION de la cession. Une demande qui traîne dans les e-mails non lus = cession imposée.

Avant vs Après la Loi 31 : tableau comparatif

QuestionAvant Loi 31Depuis Loi 31
Propriétaire peut refuser librement?Non — motif sérieux requisOui — pour tout motif
Conséquence du refusCession imposée si motif jugé insuffisantBail prend fin à la date du locataire
Propriétaire peut ajuster loyer au prochain bail?Non — loyer figé via cessionOui — relocation au prix marché
Délai pour répondre1 mois1 mois (inchangé)
Silence du propriétaireAcceptationAcceptation (inchangé)
Locataire peut contester le refus?Oui, fréquemment et avec succèsNon — le refus déclenche la fin du bail, point

Cas typiques : accepter ou refuser?

Cession qui mérite généralement d'être acceptée

  • Le cessionnaire a un profil financier solide et le loyer est proche de la valeur de marché
  • Vous n'avez pas le temps ou l'énergie de relouer (été surchargé, autres priorités)
  • Le délai de vacance probable dépasserait les gains du nouveau loyer
  • Le cessionnaire est connu et fiable (référence directe d'un autre locataire de confiance)

Cession qui mérite d'être refusée (et bail mis fin)

  • Le loyer actuel est significativement sous le marché — notre calculateur d'augmentation TAL et notre estimateur de prix de loyer peuvent quantifier l'écart
  • Le cessionnaire proposé présente un profil financier faible ou incomplet
  • Vous envisagez de toute façon une reprise pour vous loger ou loger un proche dans les 12 prochains mois — voir notre guide de reprise de logement
  • Vous prévoyez des travaux majeurs ou une rénovation profonde
  • Le marché locatif est tendu dans votre secteur — la relocation sera rapide et avantageuse

Le calcul économique du refus

Refuser une cession n'est intéressant économiquement que si le gain de la relocation dépasse le coût de la vacance. La formule simple :

Formule de décision rapide

Gain annuel attendu = (Nouveau loyer marché − Loyer actuel) × 12. Coût de vacance estimé = Loyer actuel × (semaines de vacance attendues ÷ 4,33). Si Gain > Coût, refuser et relouer. Sinon, accepter la cession.

Exemple concret : loyer actuel 1 400 $, loyer marché estimé 1 700 $, vacance attendue 4 semaines en saison faible. Gain annuel = 300 × 12 = 3 600 $. Coût de vacance = 1 400 × (4 ÷ 4,33) = 1 293 $. Gain net = 2 307 $ — refus rentable.

Inversement, si le loyer actuel est de 1 650 $, marché 1 700 $, vacance 6 semaines en hiver : Gain annuel = 50 × 12 = 600 $, Coût de vacance = 2 286 $. Gain net = -1 686 $ — accepter la cession est plus intelligent.

Les pièges à éviter

  • Ne pas répondre dans le mois — le silence vaut acceptation, vous êtes coincé avec le cessionnaire
  • Refuser oralement ou par texto — la preuve écrite est essentielle pour faire valoir la fin du bail
  • Refuser sans avoir documenté votre raisonnement — au cas où le locataire conteste la fin du bail, votre dossier doit tenir
  • Confondre cession et sous-location — un avis de sous-location se traite différemment (vous pouvez refuser sans mettre fin au bail)
  • Demander une « contrepartie » au locataire pour accepter la cession — interdit, considéré comme une demande indue (art. 1872 CcQ)
  • Refuser une cession puis tenter une reprise au même moment — risque de mauvaise foi si non démontré sincèrement

Quand cession et reprise se rencontrent

La Loi 31 a aussi changé la reprise de logement. Si vous envisagez de reprendre votre logement dans les 12 prochains mois ET qu'une demande de cession arrive, votre stratégie change :

  • Refuser la cession met fin au bail à la date proposée par le locataire — souvent plus tôt que vous ne l'auriez obtenu via une reprise (qui exige 6 mois d'avis)
  • Vous gagnez du temps, vous évitez la procédure de reprise au TAL, vous économisez l'indemnité de 3 mois de loyer (minimum) due en cas de reprise
  • Si la reprise était risquée (preuve fragile du projet d'habitation), refuser la cession devient le chemin propre

Stratégie combinée

Pour les propriétaires qui veulent récupérer leur logement sans le risque de la reprise (charge de preuve, indemnité, contestation au TAL), une demande de cession est une opportunité dorée. Un refus simple, écrit, dans les délais — et le bail tombe à la date du locataire. Pas d'indemnité, pas d'audience au TAL.

Modèle d'avis de refus de cession

Voici un canevas de réponse écrite à utiliser dès qu'une demande de cession arrive. Adapter selon votre situation, mais conserver ces éléments essentiels :

Structure de l'avis de refus

« Madame / Monsieur [nom du locataire], j'accuse réception de votre avis de cession de bail daté du [date], concernant le logement situé au [adresse], en faveur de [nom du cessionnaire]. Après examen, je vous informe que je refuse cette cession. En conséquence, et conformément à l'article 1870 du Code civil du Québec tel que modifié par la Loi 31, le bail prendra fin à la date que vous avez proposée, soit le [date]. Vous devrez avoir libéré le logement à cette date. Cordialement, [nom du propriétaire], [date], [signature]. »

Envoyez par courrier recommandé OU en mains propres avec accusé de réception OU par huissier. Évitez le courriel comme seul mode — la preuve de réception est trop faible pour un acte qui met fin à un bail.

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AA Location évalue chaque demande de cession reçue par ses clients propriétaires sous 48 h : analyse économique (gain potentiel vs coût de vacance), vérification du profil du cessionnaire, recommandation argumentée et rédaction de l'avis (acceptation ou refus) conforme à la Loi 31.

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FAQ

Questions fréquentes

Combien de temps ai-je pour répondre à une demande de cession?+

Un mois à compter de la réception de l'avis écrit du locataire. Si vous ne répondez pas dans ce délai, vous êtes réputé avoir consenti à la cession et le cessionnaire devient automatiquement le nouveau locataire.

Si je refuse la cession, dois-je donner une raison?+

Non. Depuis la Loi 31, vous pouvez refuser sans justifier d'un motif particulier. Mais si vous refusez, le bail prend fin à la date proposée par le locataire — vous ne pouvez pas refuser ET garder le locataire dans le bail.

Le locataire peut-il contester mon refus de cession?+

Non. Depuis la Loi 31, le refus du propriétaire est définitif et déclenche automatiquement la fin du bail. Le locataire n'a aucun recours pour forcer la cession. Il peut seulement quitter le logement à la date qu'il a proposée.

Puis-je demander une contrepartie pour accepter la cession?+

Non. L'article 1872 du Code civil interdit toute demande indue liée à l'acceptation d'une cession. Demander un paiement, une majoration de loyer, ou tout autre avantage en échange de votre consentement vous expose à des dommages-intérêts au TAL.

La Loi 31 s'applique-t-elle aux baux signés avant 2024?+

Oui. Le nouveau régime de cession s'applique à toutes les demandes de cession reçues depuis le 21 février 2024, peu importe quand le bail a été signé. Un bail de 2020 est soumis aux nouvelles règles si une cession est demandée aujourd'hui.

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