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Bail et signature8 mai 20269 min de lecture

Reprise de logement au Québec : guide complet pour propriétaires

Reprendre un logement loué pour s'y loger ou y loger un proche est un droit du propriétaire — mais c'est aussi l'un des recours les plus encadrés du Code civil. Une mauvaise rédaction ou un délai raté annule tout.

La reprise de logement permet à un propriétaire de récupérer un logement loué pour s'y loger lui-même ou y loger une personne précise admissible. Contrairement à l'éviction (qui sert à subdiviser, agrandir ou changer l'affectation du logement), la reprise est strictement liée à un projet d'habitation par le propriétaire ou un proche désigné.

Ce guide couvre tout le régime de la reprise au Québec : les bénéficiaires admissibles selon l'article 1957 du Code civil, les délais d'avis selon l'article 1960, le contenu obligatoire de l'avis sous peine de nullité, l'indemnité légale minimale, le scénario où le locataire refuse, et les pièges qui exposent à des dommages-intérêts punitifs.

Effet de la Loi 31 — depuis février 2024

La Loi 31 (PL-31) a renforcé la procédure : la reprise de logement et l'éviction sont désormais à la charge probatoire du propriétaire dès le départ. Si le locataire ne répond pas dans le mois suivant l'avis, son silence vaut REFUS (et non plus acceptation comme avant la réforme). C'est un changement majeur : le propriétaire doit obligatoirement s'adresser au TAL pour faire autoriser la reprise. Toutes les anciennes ressources antérieures à février 2024 sont obsolètes sur ce point.

Qui peut bénéficier d'une reprise de logement ?

Le Code civil du Québec (article 1957) limite strictement les bénéficiaires admissibles. Seules les personnes suivantes peuvent occuper le logement repris :

  • Le propriétaire lui-même
  • Son conjoint (marié, uni civilement ou conjoint de fait)
  • Ses enfants (sans limite d'âge)
  • Ses parents (père, mère)
  • Tout autre parent ou allié dont il est le principal soutien
  • Un ex-conjoint dont il reste le principal soutien

Pas pour un frère, une cousine, un ami

Reprendre un logement pour y loger un frère, une sœur, une cousine, un beau-frère ou un ami n'est PAS permis — sauf si vous êtes leur principal soutien financier et que vous pouvez le démontrer (relevés bancaires, avis d'imposition, factures payées en leur nom). Une reprise effectuée pour un bénéficiaire non admissible est de mauvaise foi : dommages-intérêts punitifs garantis.

Les délais d'avis selon la durée du bail

Les délais d'avis varient selon le type de bail (CCQ art. 1960). C'est l'erreur #1 des propriétaires : utiliser le délai du bail long pour un bail court ou inversement.

Type de bailDélai minimum d'avis
Bail à durée fixe de 6 mois ou plus6 mois avant la fin du bail
Bail à durée fixe de moins de 6 mois1 mois avant la fin du bail
Bail à durée indéterminée (mois en mois)6 mois avant la date envisagée de reprise

Le calendrier des dates clés

Pour un bail standard du 1er juillet au 30 juin, l'avis de reprise doit être envoyé au plus tard le 31 décembre — soit 6 mois pleins avant la fin du bail. Notre Calendrier TAL gratuit calcule cette date exactement à partir de la date de début du bail : /outils/calendrier-tal-preavis.

Le contenu obligatoire de l'avis de reprise

Un avis de reprise mal rédigé est nul, peu importe que la date soit respectée. Le tribunal peut annuler la reprise pour vice de forme. Sous peine de nullité, l'avis doit contenir :

  1. 1L'identification claire du logement concerné (adresse complète, numéro d'unité)
  2. 2L'identité du propriétaire qui envoie l'avis
  3. 3Le nom de la personne qui occupera le logement (le bénéficiaire)
  4. 4Le lien de parenté ou de soutien avec le propriétaire
  5. 5La date à laquelle la reprise prendra effet
  6. 6Une mention indiquant que le locataire a un mois pour répondre
  7. 7Une indication que le silence du locataire vaut REFUS de la reprise

La preuve de réception est cruciale

Envoyez l'avis par courrier recommandé avec preuve de réception OU par huissier. Un envoi par courriel ou par main propre est risqué : si le locataire conteste avoir reçu l'avis, vous perdez tous les délais. Un avis non prouvé reçu = aucun avis aux yeux du tribunal.

L'indemnité minimale au locataire

Le locataire qui doit quitter le logement à la suite d'une reprise a droit à une indemnité minimale fixée par la Loi 31. Cette indemnité couvre les frais réels de déménagement et la perturbation que la reprise cause au locataire.

ComposanteMontant
Indemnité de base (Loi 31)Minimum 3 mois de loyer
Frais de déménagement réelsDéménageurs, transport, frais de service
Frais de transfert de servicesHydro, internet, télécom
Différence de loyer si le nouveau logement est plus cherSur preuve, période variable
Frais raisonnables documentésBoîtes, dépôts, branchements

Le locataire doit fournir des reçus pour la plupart des frais. L'indemnité de base de 3 mois de loyer est due automatiquement, peu importe les frais réels. Le TAL peut accorder davantage si les circonstances le justifient (ex. : le locataire est âgé, en situation de handicap ou occupe le logement depuis 10 ans ou plus).

La nouvelle procédure depuis la Loi 31 (février 2024)

Avant la Loi 31, le silence du locataire valait acceptation tacite. Le propriétaire pouvait reprendre le logement sans démarche additionnelle. Depuis février 2024, c'est l'inverse :

  1. 1Le propriétaire envoie l'avis de reprise dans les délais.
  2. 2Le locataire a UN MOIS pour répondre par écrit.
  3. 3S'il accepte : la reprise procède normalement à la date prévue.
  4. 4S'il refuse OU s'il garde le silence : le propriétaire DOIT s'adresser au TAL pour faire autoriser la reprise.
  5. 5Le propriétaire a UN MOIS suivant l'expiration du délai du locataire pour déposer sa demande au TAL.
  6. 6Le tribunal vérifie tous les éléments (motif, bénéficiaire admissible, bonne foi) avant d'autoriser la reprise.

Le silence ne vaut plus acceptation

Sous l'ancien régime, beaucoup de propriétaires se contentaient d'envoyer l'avis et d'attendre. Aujourd'hui, sans réponse écrite et explicite du locataire, la reprise n'est pas autorisée. Préparez votre dossier TAL DÈS l'envoi de l'avis — vous en aurez besoin dans 99 % des cas.

Préparer le dossier TAL — pièces nécessaires

Pour faire autoriser la reprise par le TAL, le propriétaire doit démontrer la BONNE FOI de sa démarche et l'admissibilité du bénéficiaire. Les pièces à préparer :

  • Bail original signé avec annexes
  • Avis de reprise avec preuve d'envoi et de réception
  • Réponse écrite du locataire ou preuve du silence (date d'expiration du délai)
  • Documents prouvant le lien de parenté avec le bénéficiaire (certificat de naissance, état civil, jugement de divorce, etc.)
  • Si bénéficiaire « principal soutien » : relevés bancaires, avis d'imposition, virements documentés sur 12+ mois
  • Document attestant l'intention réelle d'occuper (ex. : préavis de fin de bail actuel du bénéficiaire, lettre signée du bénéficiaire)
  • Plan de logement actuel du bénéficiaire vs logement repris (cohérence : pourquoi déménage-t-il ici ?)
  • Calendrier de la reprise : date envisagée, durée prévue d'occupation

Les pièges qui exposent à des dommages-intérêts punitifs

Le tribunal peut accorder des dommages-intérêts punitifs (en plus de l'indemnité de base) si la reprise est jugée de mauvaise foi. Les cas typiques :

  1. 1Reprendre pour un bénéficiaire qui n'occupe jamais réellement le logement.
  2. 2Relouer le logement à un autre locataire dans les 6 mois suivant la reprise (présomption de mauvaise foi).
  3. 3Mettre le logement en vente immédiatement après la reprise.
  4. 4Augmenter substantiellement le loyer du nouvel occupant après une « reprise » fictive.
  5. 5Reprendre pour un bénéficiaire non admissible (frère, sœur, cousin, ami).
  6. 6Falsifier le lien de soutien financier (« principal soutien » sans preuves).

Combien coûte la mauvaise foi ?

Les dommages-intérêts punitifs récents au TAL atteignent fréquemment 5 000 $ à 15 000 $, en plus du remboursement intégral des frais du locataire et des frais judiciaires du propriétaire. Si la reprise est annulée, le locataire peut même être réinstallé dans le logement par décision du tribunal.

Reprise vs. éviction — la distinction critique

La reprise et l'éviction sont deux recours distincts qui se confondent souvent dans le langage courant — mais qui ne suivent pas du tout les mêmes règles.

CritèreReprise (art. 1957-1959)Éviction (art. 1959.1)
MotifLoger soi ou un proche admissibleSubdiviser, agrandir, changer l'affectation, démolir
BénéficiairePersonne physique (parent admissible)Aucun — projet sur le logement
IndemnitéMinimum 3 mois de loyer + fraisMinimum 24 mois de loyer (depuis Loi 31)
Délai d'avis6 mois avant fin (bail ≥ 6 mois)6 mois avant fin (bail ≥ 6 mois)
Recours TALObligatoire en cas de silence/refusObligatoire dans tous les cas
Risque mauvaise foiModéré (5 000-15 000 $)Élevé (24+ mois de loyer punitif)

Le calendrier complet d'une reprise type

Pour un bail standard du 1er juillet au 30 juin avec reprise envisagée à la fin du bail :

  1. 131 décembre — date limite d'envoi de l'avis de reprise (6 mois avant la fin)
  2. 231 janvier — date limite de réponse du locataire (1 mois après réception)
  3. 328 février — date limite pour déposer au TAL si silence ou refus (1 mois après expiration du délai)
  4. 4Mars-mai — délai d'audience au TAL (2-4 mois selon la région)
  5. 5Avant le 30 juin — décision du tribunal sur la reprise
  6. 630 juin — date d'effet de la reprise si autorisée
  7. 7Avant le 30 juin — versement de l'indemnité au locataire

Outil pratique

Notre Calendrier TAL calcule automatiquement toutes ces dates clés à partir de la date de début du bail : /outils/calendrier-tal-preavis. Inscrivez ces échéances dans votre agenda dès le départ — un seul jour de retard annule la procédure pour 12 mois entiers.

Erreurs fatales à éviter

  1. 1Envoyer l'avis sans preuve de réception (courriel simple, main propre sans signature) — invalidité de la procédure.
  2. 2Oublier d'indiquer le nom du bénéficiaire ou son lien de parenté — vice de forme, avis nul.
  3. 3Présumer que le silence du locataire vaut acceptation — c'est faux depuis février 2024.
  4. 4Reprendre puis relouer dans les 6 mois — présomption automatique de mauvaise foi.
  5. 5Reprendre pour un bénéficiaire non admissible (frère, sœur, ami).
  6. 6Sous-estimer l'indemnité — proposer moins de 3 mois de loyer expose à un recours.
  7. 7Manquer le délai d'un mois pour saisir le TAL après la réponse du locataire.
  8. 8Ne pas garder de preuve documentaire de l'occupation effective post-reprise (qui valide la bonne foi).

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AA Location coordonne avec un courtier OACIQ la rédaction de l'avis, la preuve de réception, la préparation du dossier TAL, et le calcul de l'indemnité. Le propriétaire conserve toujours la décision finale.

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FAQ

Questions fréquentes

Puis-je reprendre un logement pour le louer plus cher à un nouveau locataire ?+

Non. La reprise est strictement réservée à l'occupation par le propriétaire ou un proche admissible. Relouer le logement après une reprise (surtout dans les 6 mois) est une présomption automatique de mauvaise foi qui expose à des dommages-intérêts punitifs et à la réinstallation du locataire évincé.

Mon enfant majeur peut-il bénéficier de la reprise même s'il vit déjà ailleurs ?+

Oui. Tout enfant biologique ou adoptif est un bénéficiaire admissible, sans condition d'âge ni de cohabitation préalable. Préparez tout de même un document attestant son intention réelle d'occuper (lettre signée, preuve de fin du logement actuel) — le TAL vérifie l'authenticité du projet.

Si le locataire accepte la reprise, dois-je quand même aller au TAL ?+

Non. Si le locataire répond par écrit qu'il accepte la reprise dans le mois suivant l'avis, la reprise procède automatiquement à la date prévue. Aucun recours TAL n'est nécessaire — il suffit de verser l'indemnité et de prendre possession à la date d'effet.

L'indemnité de 3 mois de loyer doit-elle être versée avant ou après le départ du locataire ?+

L'indemnité de base doit être versée AU PLUS TARD au moment où le locataire quitte le logement. Beaucoup de propriétaires versent en deux temps : un premier versement à la date d'effet (mois 1) et le solde une fois la cession des clés effectuée. Les frais réels (déménagement, transfert) sont remboursés sur présentation des reçus, dans un délai raisonnable.

Combien de temps le bénéficiaire doit-il occuper le logement pour que la reprise reste valide ?+

Le Code civil ne fixe pas de durée minimale précise, mais la jurisprudence considère qu'une occupation de moins de 6 mois est suspecte. Une occupation effective et continue d'au moins 12 mois est généralement considérée comme une preuve raisonnable de bonne foi. Conservez des preuves documentaires (factures Hydro, relevés bancaires à l'adresse, déclaration de résidence).

Puis-je reprendre seulement une partie d'un logement loué (ex. : un appartement dans un duplex que j'occupe déjà) ?+

Oui, à condition que la partie reprise corresponde à un logement distinct au sens du bail (numéro civique distinct ou unité bien définie). La procédure est identique : avis dans les délais, contenu obligatoire, indemnité minimale, recours TAL en cas de silence ou refus du locataire.

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