Trouver le bon locataire dès le départ à Montréal, Laval ou Longueuil commence bien avant la vérification de crédit : cela commence par la conversation. Les questions que vous posez à un candidat déterminent la qualité de l'information que vous obtenez — et, surtout, elles doivent rester dans le cadre strict de ce que la loi vous autorise à demander.
Cet article vous donne une grille concrète : quelles questions porter sur des critères objectifs, lesquelles sont formellement interdites par la Charte des droits et libertés de la personne, et comment mener la présélection de façon à la fois efficace et conforme. L'objectif est simple : recueillir un dossier solide tout en respectant le candidat — c'est aussi ce qui protège le propriétaire.
Le principe : seuls les critères objectifs se questionnent
Au Québec, un propriétaire a le droit de sélectionner son locataire — mais uniquement sur la base de critères objectifs liés à la capacité du candidat à remplir ses obligations de locataire. La capacité de paiement, le sérieux du dossier, l'historique locatif et les références sont légitimes. L'origine, la religion, l'âge (sauf la majorité), la situation familiale ou la grossesse ne le sont jamais.
Chaque question que vous posez devrait pouvoir se justifier par un objectif d'évaluation légitime. Si la réponse ne vous aide pas à mesurer la capacité de paiement, le sérieux ou la conformité du dossier — et qu'elle touche plutôt un motif protégé — c'est le signal qu'il ne faut pas la poser. Pour le cadre complet, voyez notre guide sur les critères objectifs de sélection d'un locataire.
Les questions permises — à poser à chaque candidat
Voici les questions qui portent sur des critères objectifs. Posez-les de manière identique à tous les candidats : c'est la meilleure protection contre toute apparence de traitement différencié.
| Domaine | Question type | Ce qu'elle évalue |
|---|---|---|
| Capacité de paiement | Quels sont vos revenus et leur source (emploi, travail autonome, autre) ? | La capacité à payer le loyer de façon stable |
| Stabilité | Depuis combien de temps occupez-vous votre emploi ou votre source de revenus ? | La régularité et la fiabilité du revenu |
| Historique locatif | Où habitez-vous actuellement et depuis quand ? Pourquoi quittez-vous ? | Le sérieux et la continuité du parcours locatif |
| Références | Acceptez-vous que je contacte votre propriétaire actuel et précédent ? | La validation indépendante du comportement de locataire |
| Conformité | Consentez-vous à une vérification de crédit et d'antécédents locatifs ? | Le consentement aux vérifications légales |
| Occupation | Combien de personnes occuperont le logement ? | L'adéquation au logement (sans viser la composition familiale) |
Les questions interdites — ne jamais les poser
La Charte des droits et libertés de la personne interdit de refuser un locataire — ou de l'évaluer différemment — sur la base d'un motif protégé. Les questions suivantes touchent ces motifs et n'ont aucune place dans une présélection, même formulées « par curiosité » ou « pour mieux connaître » le candidat.
| Question interdite | Motif protégé en cause |
|---|---|
| D'où venez-vous ? Quelle est votre nationalité d'origine ? | Origine ethnique ou nationale |
| Quelle est votre religion ? Pratiquez-vous ? | Religion |
| Quel âge avez-vous ? | Âge (au-delà de la simple majorité) |
| Êtes-vous marié·e ? Avez-vous des enfants ? En prévoyez-vous ? | État civil, situation familiale, grossesse |
| Êtes-vous enceinte ? | Grossesse |
| Avez-vous un handicap ou un problème de santé ? | Handicap |
| Quelle est votre orientation sexuelle ? | Orientation sexuelle |
| Recevez-vous de l'aide sociale ? | Condition sociale |
La règle du « ratio 30 % » : un repère, pas un couperet
Beaucoup de propriétaires utilisent un repère selon lequel le loyer ne devrait pas dépasser environ 30 % du revenu brut. C'est un indicateur utile de capacité de paiement — à condition de le traiter comme un repère parmi d'autres, appliqué de la même façon à tous, et non comme un seuil rigide qui écarterait mécaniquement, par exemple, des personnes à revenu plus modeste mais au dossier irréprochable.
Posez la question du revenu pour mesurer la capacité de paiement, pas pour juger le candidat. Un historique de paiements ponctuels, des références solides et un dossier complet peuvent tout à fait compenser un ratio légèrement plus élevé. C'est l'ensemble du dossier qui décide.
Structurer la présélection : même grille pour tous
La cohérence est votre meilleure protection. En posant les mêmes questions, dans le même ordre, à chaque candidat, vous obtenez des dossiers comparables et vous éliminez tout risque d'apparence de traitement différencié.
- 1Préparez une grille écrite de questions objectives, identique pour chaque candidat.
- 2Annoncez d'emblée les vérifications prévues (crédit, références) et recueillez le consentement.
- 3Notez les réponses factuelles, sans commentaire subjectif sur la personne.
- 4Comparez les dossiers sur les mêmes critères objectifs — capacité, stabilité, références, conformité.
- 5Conservez les notes : un dossier documenté justifie une décision fondée sur des critères légitimes.
Le rôle du courtier et la décision finale
Chez AA Location, la présélection et la vérification sont menées avec une rigueur méthodique, encadrées par un courtier immobilier membre de l'OACIQ qui coordonne ensuite la signature du bail entre le propriétaire et le locataire retenu. Mais une chose ne change jamais : le propriétaire garde la décision finale sur le choix du locataire. Nous recommandons un dossier complet, objectif et conforme — vous décidez.
Cette combinaison — questions objectives, vérifications consenties, cadre légal respecté et décision qui reste entre vos mains — est précisément ce qui permet de louer plus vite à un locataire fiable, sans s'exposer à un recours pour discrimination.
Erreurs fréquentes à éviter
- Poser une question sur un motif protégé « juste pour discuter » — l'intention ne change pas l'interdiction
- Adapter ses questions d'un candidat à l'autre, ce qui crée une apparence de traitement différencié
- Écarter un candidat à cause de la source de son revenu plutôt que de sa capacité réelle à payer
- Transformer le repère de 30 % en couperet automatique sans regarder l'ensemble du dossier
- Procéder à des vérifications sans avoir recueilli le consentement explicite du candidat