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Vérification8 mai 20268 min de lecture

Comparer plusieurs candidats locataires sans discriminer — la méthode défendable

Trois bons dossiers, un seul logement. Le moment où le propriétaire prend une décision est aussi celui qui expose le plus à une plainte de discrimination — sauf si la grille d'évaluation est documentée et identique pour tous.

La sélection d'un locataire commence par une mise en marché et se termine par une décision. Entre les deux, la phase la plus critique est la comparaison des candidats finalistes. C'est à ce moment précis que les biais involontaires entrent en jeu — préférence inconsciente pour un nom familier, malaise vague face à un dossier atypique, intuition « je le sens mieux ». Tous ces signaux sont humains, mais aucun n'est défendable devant la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).

La bonne nouvelle : il existe une méthode reproductible qui transforme la sélection en exercice documenté et défendable. Cet article détaille cette méthode, étape par étape, avec une grille de 6 critères 100 % conformes à la Charte des droits et libertés du Québec.

Pourquoi la documentation est cruciale

La CDPDJ peut recevoir une plainte de discrimination jusqu'à 2 ans après le refus. Sans documentation écrite des motifs, le propriétaire défend sa décision à l'oral, dans un contexte où la charge de la preuve est partagée. Avec une grille remplie systématiquement et conservée, le dossier est défendable en quelques minutes.

Les 6 critères objectifs autorisés par la Charte

L'article 10 de la Charte des droits du Québec interdit toute distinction fondée sur 14 motifs protégés. Mais elle permet — et même encourage — les distinctions fondées sur des critères objectifs liés à la capacité de remplir le bail. Voici la grille des 6 critères défendables :

CritèrePoids recommandéCe qu'on évalue
Capacité de paiement30 %Ratio loyer / revenu net mensuel. Sous 30 % = excellent ; 30-35 % = acceptable ; > 40 % = risque élevé.
Sérieux du dossier15 %Documents fournis : pièce d'identité, preuves de revenus, lettre d'employeur, coordonnées de références.
Références20 %Au moins une référence d'ancien propriétaire validée par téléphone.
Historique locatif15 %Recherche au registre TAL (gratuite, publique) + durée moyenne dans les anciens logements.
Stabilité du revenu15 %Durée dans la SOURCE actuelle de revenu (peu importe la nature de la source).
Consentement aux vérifications5 %Accord écrit pour la vérification de crédit. Sans cet accord, l'évaluation reste partielle.

La source du revenu n'est PAS un critère

Refuser un candidat parce qu'il reçoit l'aide sociale, qu'il est retraité ou étudiant est une discrimination fondée sur la condition sociale (motif protégé). Ce qui compte, c'est la STABILITÉ et la CAPACITÉ DE PAIEMENT — pas la nature du revenu. Un retraité avec une pension stable depuis 10 ans est un meilleur candidat (sur ce critère) qu'un employé en période d'essai.

Les 14 critères protégés à NE JAMAIS utiliser

L'article 10 de la Charte protège ces 14 motifs. Aucune décision de location ne peut être fondée — même partiellement, même implicitement — sur l'un d'eux :

  • Race, couleur, origine ethnique ou nationale
  • Sexe, identité ou expression de genre
  • Grossesse
  • Orientation sexuelle
  • État civil (marié, célibataire, divorcé, conjoint de fait)
  • Âge (sauf majorité légale exigée pour signer un bail)
  • Religion ou convictions politiques
  • Langue maternelle
  • Condition sociale (incluant la source du revenu)
  • Handicap ou utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap
  • Présence ou nombre d'enfants

Les phrases qui exposent à une plainte

« Je préfère un couple sans enfants », « pas de gros chiens », « idéalement un professionnel », « je ne veux pas d'étudiants » — toutes ces phrases sont juridiquement risquées. Même prononcées au téléphone à un seul candidat, elles peuvent justifier une plainte CDPDJ documentée par enregistrement ou par témoignage.

La méthode étape par étape pour comparer 2 ou 3 dossiers

Étape 1 — Préparer une grille vide IDENTIQUE pour tous

Avant même de recevoir les dossiers, créez une grille simple (papier, tableur ou outil en ligne) avec les 6 critères et leurs poids. Imprimez-la une fois par candidat. La règle d'or : la grille existe AVANT les dossiers, pas après.

Étape 2 — Remplir la grille pour chaque candidat avec les MÊMES sources

  • Vérifier les revenus avec les mêmes documents (3 derniers bulletins de paie ou avis d'imposition)
  • Appeler les mêmes types de références (anciens propriétaires, jamais l'employeur seul)
  • Faire la recherche TAL pour chaque candidat (registre public, gratuit)
  • Demander le même consentement écrit à la vérification de crédit

Étape 3 — Calculer le score pondéré de chaque dossier

Chaque critère donne un sous-score sur 100. Multipliez par le poids et additionnez. Le score global donne un classement objectif.

Étape 4 — Identifier le leader par critère (le tie-breaker)

Quand 2 dossiers ont des scores globaux très proches (écart < 5 points), regardez qui est le leader sur chaque critère individuel. Le candidat qui domine sur 4 critères sur 6 est généralement plus solide, même si le score global est légèrement inférieur.

Étape 5 — Documenter le motif du refus écrit

Aux candidats non retenus, envoyez une réponse écrite courte qui mentionne UNIQUEMENT les critères objectifs : « Le dossier retenu présentait un ratio loyer/revenu inférieur et une durée de stabilité d'emploi plus longue. Merci pour votre intérêt. » C'est suffisant pour la défense en cas de plainte.

Le scénario le plus courant : 2 dossiers équivalents

Que faire si deux candidats ont un score global identique (ex. 78/100 chacun) ? La méthode légalement défendable :

  1. 1Comparer le leader par critère — le candidat qui domine sur le PLUS de critères individuels.
  2. 2Si égalité parfaite, comparer la qualité du critère « Capacité de paiement » — le ratio le plus bas (donc la marge la plus grande) gagne.
  3. 3Si encore égalité, le critère « Références » fait pencher : le candidat avec 2 références validées vs 1 validée est plus solide.
  4. 4Le critère « Historique locatif » (durée moyenne dans les anciens logements) peut servir de dernier tie-breaker.
  5. 5Si les 4 départages ci-dessus donnent une parfaite égalité (extrêmement rare), le PREMIER candidat à avoir signé son consentement complet a légitimement priorité.

Ce qui ne sert JAMAIS de tie-breaker

Le sourire au téléphone, l'aisance avec laquelle le candidat s'exprime en français, le fait qu'il ait un emploi « stable » subjectivement perçu, le quartier où il habite actuellement, son nom de famille, son apparence à la visite. Aucun de ces critères n'est documentable ni défendable.

Combien de candidats faut-il comparer ?

La sélection est plus efficace avec 2 ou 3 finalistes que 30 candidatures brutes. Au-delà de 3 dossiers comparés simultanément, la décision devient confuse et les biais inconscients prennent le dessus.

Nombre de finalistesAvantageInconvénient
1 (pas de comparaison)Décision rapideAucune référence pour valider — pression d'accepter par défaut
2 finalistesComparaison facile, tie-breaker simplePas de plan B si les deux refusent
3 finalistesCouverture solide, choix nuancéDemande plus de temps de présélection
4+ finalistesSurchoix paralysantConfusion, biais qui prennent le dessus

Erreurs fatales à éviter

  1. 1Évaluer les dossiers dans l'ordre où ils arrivent — biais d'ancrage. Toujours évaluer chaque dossier en complet AVANT de comparer.
  2. 2Demander des renseignements supplémentaires uniquement à un candidat — discrimination potentielle. Si on demande, on demande à TOUS.
  3. 3Garder une grille à jour pour un candidat seulement — preuve d'inégalité de traitement.
  4. 4Refuser sans motif écrit — aucune défense en cas de plainte CDPDJ.
  5. 5Mentionner un critère protégé dans le motif (« on cherchait quelqu'un de plus mature », « on préfère un couple », etc.).
  6. 6Ne pas conserver les grilles remplies pendant au moins 3 ans — la prescription de plainte CDPDJ est de 2 ans.
  7. 7Tenir la décision uniquement à l'oral, sans trace écrite.

Que faire si TOUS les candidats sont à risque modéré ?

Trois options légalement valables, dans cet ordre :

  1. 1Demander un cosignataire ou un garant solide à TOUS les candidats. Si un seul accepte, c'est lui qui passe.
  2. 2Demander le dépôt légal maximum permis (premier mois de loyer) à TOUS — cela ne peut pas être imposé à un seul candidat ciblé.
  3. 3Relancer la mise en marché pour élargir le bassin (ré-annoncer 2 semaines, baisser légèrement le loyer si nécessaire).

Ce qu'on ne peut PAS faire

Refuser tous les candidats sans alternative documentée et garder le logement vide pendant des mois en attendant un dossier « parfait » qui n'arrive jamais. C'est financièrement perdant ET juridiquement risqué — un candidat refusé peut argumenter que le standard exigé est en réalité un voile pour discriminer.

La trace documentaire à conserver pendant 3 ans

Pour chaque processus de sélection, conservez :

  • L'annonce diffusée (preuve qu'elle ne contenait aucun critère discriminatoire)
  • La liste anonymisée de tous les candidats reçus (avec leur date de candidature)
  • La grille remplie pour chaque finaliste (sur les 6 critères objectifs)
  • Le calcul du score pondéré pour chaque finaliste
  • Le motif écrit du choix final, basé exclusivement sur les critères objectifs
  • Les courriels ou lettres de réponse envoyés aux candidats non retenus
  • Le consentement écrit à la vérification de crédit du candidat retenu
  • Le rapport de crédit Equifax/TransUnion ou son résumé

L'avantage du courtier OACIQ dans la comparaison

Un courtier immobilier régi par l'OACIQ apporte trois éléments décisifs :

  1. 1Application systématique de la grille — chaque dossier est évalué selon le même protocole, sans biais inconscient du propriétaire.
  2. 2Documentation conforme — toutes les communications avec les candidats refusés respectent le cadre légal et sont archivées de manière défendable.
  3. 3Coordination de la signature du bail — le bail signé en présence d'un courtier OACIQ apporte un niveau supplémentaire de sécurité juridique sur la conformité documentaire.

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FAQ

Questions fréquentes

Combien de temps dois-je conserver les grilles d'évaluation des candidats refusés ?+

Au minimum 3 ans. La prescription d'une plainte à la CDPDJ est de 2 ans après le refus, mais conserver les pièces une année supplémentaire couvre le délai d'enquête. Au-delà de 3 ans, vous pouvez archiver de manière sécurisée (et anonymiser les données personnelles selon la Loi 25).

Puis-je refuser un candidat parce qu'il a des animaux ?+

Au Québec, l'interdiction d'animaux peut figurer au bail (clause permise) — donc vous pouvez refuser un candidat dont les animaux ne respectent pas les conditions du bail. La distinction se base sur les conditions DU BAIL, pas sur le candidat. Voir l'article dédié sur les locataires avec animaux pour les nuances post-2026 (animaux d'assistance restent protégés).

Que faire si mon courtier OACIQ me suggère un candidat que je n'aime pas instinctivement ?+

Demandez au courtier de vous montrer la grille remplie pour chaque finaliste. Si la grille démontre objectivement la solidité du candidat, le malaise instinctif est probablement un biais inconscient — exactement ce que la méthode objective élimine. La décision finale vous revient toujours, mais le motif documenté du refus doit rester strictement sur les 6 critères.

Si un candidat me demande pourquoi il a été refusé, dois-je répondre ?+

Oui, par écrit, en mentionnant uniquement les critères objectifs. Exemple : « Le dossier retenu présentait un ratio loyer/revenu plus favorable et une stabilité d'emploi de 3 ans, contre 8 mois pour votre dossier. » Refuser de répondre alimente la suspicion de discrimination ; répondre avec des critères objectifs documentés vous protège.

Le candidat qui poste sa candidature en premier a-t-il une priorité ?+

Pas en soi. La date de candidature peut servir de tie-breaker uniquement si TOUS les autres critères sont parfaitement à égalité — ce qui est extrêmement rare avec une grille bien remplie. La priorité de la candidature ne peut JAMAIS justifier de retenir un dossier moins solide objectivement.

Puis-je utiliser la même grille pour des bureaux ou commerces que pour du résidentiel ?+

Non, la grille des 6 critères est conçue pour la location résidentielle au Québec et l'application de la Charte. Pour la location commerciale, les contraintes de la Charte sont différentes (la condition sociale n'est pas un motif protégé pour l'évaluation d'une entreprise locataire) et la grille doit être adaptée.

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